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Gaëlle Magder


 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172341

Avec ses 522 pieds, l’Anastasis est le plus grand bateau-hôpital non-gouvernemental du monde. Il peut accueillir jusqu’à 420 personnes. L’Association Mercy Ships a été fondée en 1978 par Don Stevens et sa femme, Deyon, de fervents évangéliques. Ses navires sillonnent l’océan Atlantique pour prodiguer des soins chirurgicaux en Afrique subsaharienne – ici, à Tema, au Ghana, pour 8 mois. 3 salles d’opération, une clinique dentaire, un laboratoire et une salle de radio permettent aux chirurgiens d’intervenir sur des affections des yeux, de la peau, des dents. L’Anastasis est une véritable ville flottante, avec ses deux réfectoires, son bureau de change, son petit supermarché, ses salles de classe, son cinéma sur le pont, ses salles de réunion, sa mini-piscine. C’est sur le quai que les candidats à l’opération de la cataracte attendent leur tour. La dimension évangélique de l’association est très présente, même si, ici, la population locale est déjà très convaincue. Ghana, 2006.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172343

Les Ghanéens, venus de tout le pays, n’ont parfois jamais vu de blancs – et ne sont jamais montés sur un bateau. Les sorciers des villages sont les premiers à tenter de les décourager de venir. Certains patients ont entendu dire que si l’on montait à bord, parfois, on ne ressortait jamais… Il faut parfois beaucoup de patience et de douceur aux infirmières, pour les rassurer et les convaincre de se faire opérer. Ghana, 2006.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172370

A bord de l’Anastasis, cohabitent 32 nationalités. Les fondateurs, Don Stevens et son épouse, de riches Texans, sont évangéliques. Et s’ils ne sont plus à bord – ils gèrent l’association, depuis Garden Valley, Texas -, l’esprit demeure. Les pays représentés incluent de plus en plus d’Européens. Si ce sont toujours des pays où le protestantisme domine – Angleterre, Australie, Pays-Bas, Suisse, Scandinavie, Allemagne… -, l’évangélisme perd peu à peu du terrain, par rapport aux courants protestants traditionnels. Ghana, 2006.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0095404

L’Association Mercy Ships a été fondée en 1978 par un couple d'américains évangélistes. L’Anastasis, le plus grand bateau-hôpital non-gouvernemental du monde, sillonne l’océan Atlantique pour prodiguer des soins médicaux en Afrique subsaharienne. Deux patients attendent une intervention, leur ordre de passage et l’œil à opérer est précisé sur le sparadrap collé sur leur front. « Seuls deux patients se sont déjà enfuis avant l’opération », note le docteur Neil Murray, chirurgien des yeux. Dans une famille, un aveugle est un poids : non seulement il ne peut pas travailler, mais en plus, un enfant doit l’aider à se déplacer, se nourrir, faire sa toilette. Une lourde perte économique pour la famille. Tema, Ghana. 2006.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172394

« Doctor Neil » a dû inventer de nouvelles techniques, pour soigner la cataracte. Le rythme des opérations fait frémir : « au moins 50 par semaine, du lundi au jeudi. » Les cataractes, négligées, atteignent une densité inconnue chez nous. Neil Murray pratique donc la « phacoémulsification ». Il explique : « On creuse un minuscule tunnel dans l’½il et on y introduit un crochet grâce auquel on enlève la cataracte. L’intérêt de cette technique est qu’elle ne requiert pas de points de suture ». Temps de l’opération : 6 minutes en moyenne. Ghana, 2006.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172356

Ultime test pour une patiente qui va être opérée de la cataracte. Mercy Ships intervient sur ceux dont les deux yeux sont touchés, qui ne peuvent plus travailler. Seul un ½il est opéré – il faut soigner un maximum de patients. Trois mois avant l’arrivée dans le pays, les équipes de Mercy Ships créent un réseau de temples, d’églises, de paroisses. Ces contacts reçoivent des affiches montrant les affections qui peuvent être soignées – cataractes, maladies de peau, chirurgie dentaire, becs-de-lièvre… Les communiqués, placardés dans les villages, invitent ceux qui présentent ces symptômes à se présenter au « screening day ». Au début du séjour, ce « jour du choix » est une épreuve pour tout l’équipage. Il s’agit de choisir ceux que l’on opérera, ceux qui devront rentrer chez eux : il faut à la fois être suffisamment atteint, et pas trop : pas de tumeurs malignes, par exemple. Le bateau ne reste pas assez longtemps pour suivre des patients atteints de cancers. Le 26 juin 2006, 2000 personnes, venues de tout le pays, ont attendu, parfois toute la journée, d’être choisies – ou non. On a rempli le carnet de rendez-vous des chirurgiens pour les 6 mois à venir. Ghana, 2006.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0095406

L’Association Mercy Ships a été fondée en 1978 par un couple d'américains évangélistes. L’Anastasis, le plus grand bateau-hôpital non-gouvernemental du monde, sillonne l’océan Atlantique pour prodiguer des soins médicaux en Afrique subsaharienne. Sur le quai, les opérés de la cataracte exercent leurs yeux tout neufs. Cette patiente lit dans un miroir une série de « E » : ceux qui ne savent pas lire se contentent de préciser dans quel sens les jambes de la lettre sont orientées. Tema, Ghana. 2006.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172342

A bord, on l’appelle « Doctor Neil ». Neil Murray a 48 ans et son teint de Néo-zélandais est tanné : il est fan de surf et taquine la vague le matin, avant d’opérer. Doctor Neil est le chirurgien des yeux du bateau, seul de sa spécialité. Il est là depuis la mi-juin et a également travaillé sur l’Anastasis en Sierra Leone et sur le Carribean Mercy, au Guatemala. Comme la plupart des « long-termers », il est ici avec sa femme, qui coordonne le programme de chirurgie ophtalmique. Dans 80 % des cas, il s’agit d’opérations de la cataracte. « Mon travail, en Nouvelle-Zélande, contribuait à améliorer la vie des gens, ici, il leur permet de vivre. Les aveugles meurent jeunes, à cause des infections à répétition. » Cette année, le Dr Neil quittera le Ghana. Les Murray s‘envoleront vers Lomé, pour une autre organisation. « Ils montent une clinique spécialisée, je vais y jouer un rôle de conseiller. Il y a du boulot : il y a deux ophtalmologistes au Togo… » La Nouvelle-Zélande n’est pas au programme avant un certain temps. Ghana, 2006.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172414

Une opération de bec-de-lièvre. Alors qu’il suffit d’une intervention bénigne, réalisée dès la naissance, dans les pays développés, certains patients passent sur la table d’opération du Docteur Gary Parker, à 45 ans. « Docteur Gary » soigne aussi des affections plus impressionnantes : chéloïdes (excroissances de la peau qui peuvent atteindre plusieurs kilos) et nomas (infections qui rongent le visage). Ghana, 2006.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172416

Pas évident, de monter une salle d’opérations dans un bateau. L’espace est toujours un problème. Il ne devrait plus se poser dans l’Africa Mercy, le nouveau navire, plus moderne, spécialement réaménagé pour les besoins de Mercy Ships. Il attend l’équipage au Libéria. Ghana, 2006.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172396

Le Docteur Gary Parker est le spécialiste maxillo-facial du bateau. Il opère les bacs-de-lièvre et les infections de la peau… Promis à une belle carrière de chirurgie plastique, à Los Angeles, il s’est un jour lassé des « opérations de 8 à 10 heures sur des dealers qu’il remettait sur pied pour qu’ils reprennent leur sale boulot ». Il a entendu parler de Mercy Ships par un collègue et s’est installé à bord en 1986. Soit, 21 ans d’engagement bénévole. Ici, il a rencontré Susan, avec qui il s’est marié et qui lui a donné deux enfants, une fille de 12 ans et un garçon de 8 ans. « Docteur Gary » reconnaît qu’il est aujourd’hui totalement inadapté à la vie en Californie et qu’il refuse d’aider ses amis qui lui proposent, quand il y va en vacances, d’opérer avec eux. « Je ne suis pas sûr que je ne prendrais pas goût à leur niveau de vie… » avoue-t-il. La famille Parker, comme tout le monde, paie pour être à bord et Mercy Ships ne prévoit pas de retraite pour ses anciens membres. « Eh oui, il faut juste faire le choix de vivre plus simplement », sourit ce chirurgien, pourtant considéré comme l’un des meilleurs au monde dans sa spécialité. Ghana, 2006.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0095409

L’Association Mercy Ships a été fondée en 1978 par un couple d'américains évangélistes. L’Anastasis, le plus grand bateau-hôpital non-gouvernemental du monde, sillonne l’océan Atlantique pour prodiguer des soins médicaux en Afrique subsaharienne. En salle de réveil, un petit garçon, avec sa mère. Le planning des opérations, qui dépend des séjours à bord des chirurgiens, est très dense. Gary Parker, au Ghana, aura opéré 250 personnes. Pour un tiers, des tumeurs, pour un autre, des malformations de naissance comme le bec-de-lièvre, pour le dernier tiers, des accidents et brûlures. « Par rapport au Libéria ou à la Sierra Leone, nous avons beaucoup moins de blessures par balle ou à la machette », note-t-il. Certaines interventions durent une heure et demie, d’autres jusqu’à 16 heures, lorsqu’il faut reconstruire un visage. Sans compter les patients qui subissent plusieurs opérations. Tema, Ghana. 2006.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0095424

L?Association Mercy Ships a été fondée en 1978 par un couple d'américains évangélistes. L?Anastasis, le plus grand bateau-hôpital non-gouvernemental du monde, sillonne l?océan Atlantique pour prodiguer des soins médicaux en Afrique subsaharienne. Dans la salle commune, le « ward », les malades se réveillent ensemble, les consultations se font devant tout le monde. Les familles y passent souvent la journée ? en particulier le dimanche, où une messe y a lieu. Tema, Ghana. 2006. L’Association Mercy Ships a été fondée en 1978 par un couple d'américains évangélistes. L’Anastasis, le plus grand bateau-hôpital non-gouvernemental du monde, sillonne l’océan Atlantique pour prodiguer des soins médicaux en Afrique subsaharienne. Dans la salle commune, le « ward », les malades se réveillent ensemble, les consultations se font devant tout le monde. Les familles y passent souvent la journée – en particulier le dimanche, où une messe y a lieu. Tema, Ghana. 2006. L‚ÄôAssociation Mercy Ships a √©t√© fond√©e en 1978 par un couple d'am√©ricains √©vang√©listes. L‚ÄôAnastasis, le plus grand bateau-h√¥pital non-gouvernemental du monde, sillonne l‚Äôoc√©an Atlantique pour prodiguer des soins m√©dicaux en Afrique subsaharienne. Dans la salle commune, le ¬´ ward ¬ª, les malades se r√©veillent ensemble, les consultations se font devant tout le monde. Les familles y passent souvent la journ√©e ‚Äì en particulier le dimanche, o√π une messe y a lieu. Tema, Ghana. 2006.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172358

Mercy Ships installe des cliniques dentaires temporaires, dans les villages des environs de Tema. Caries, plombages, extractions… les dentistes procèdent à des interventions simples. « Pour beaucoup, c’est la première fois qu’ils voient un dentiste. Ils sont terrorisés et leurs dents sont dans des états que je n’ai jamais vus aux Etats-Unis. Par exemple, je vois des ostéomyélites, une infection de la dent qui finit par gagner l’os. Ca peut être mortel si ce n‘est pas traité. », explique Keith Chapman, chirurgien-dentiste. Ghana, 2006.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0095407

L'Association Mercy Ships a été fondée en 1978 par un couple d'américains évangélistes. L'Anastasis, le plus grand bateau-hôpital non-gouvernemental du monde, sillonne l'océan Atlantique pour prodiguer des soins médicaux en Afrique subsaharienne. Mercy Ships installe aussi des cliniques dentaires temporaires dans les villages des environs de Tema. Caries, plombages, extractions... les dentistes procèdent à des interventions simples. «Pour beaucoup, c'est la première fois qu'ils voient un dentiste. Ils sont terrorisés et leurs dents sont dans des états que je n'ai jamais vu aux Etats-Unis. Par exemple, je vois des ostéomyélites, une infection de la dent qui finit par gagner l'os. Ca peut être mortel si ce n'est pas traité.», explique Keith Chapman, chirurgien-dentiste.

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Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172353

Clémentine Tengue est togolaise, mais elle a grandi au Ghana dont elle parle certains dialectes. C’est un personnage clé du bateau : elle est « discipler », littéralement, « discipleuse ». Elle rassure les patients avant les opérations, les entoure après, console la famille en cas de décès. Et elle évangélise, même si ici, Mercy Ships est en terrain plus que conquis. « C’est un combat spirituel, assure-t-elle. Il y a des forces, bonnes et mauvaises. Les animistes pensent que leurs malformations sont dues à des esprits, qu’on les a envoûtés. Parfois, ce n’est pas vrai.» Et les autres fois? « Les Africains croient en Dieu, mais ils croient aussi en l’intermédiaire, aux « féticheurs ». Ils utilisent le pouvoir de Satan, ils invoquent les mauvais esprits », explique Clémentine. Peut-on faire démordre les patients de cette croyance? Combien de temps pour les évangéliser ? « Cela peut prendre une demi-journée, ou 3 jours, cela dépend », estime la « discipleuse ». On lui donnerait le bon Dieu sans confession, avec son rire sonore et la tendresse qu’elle manifeste à tous. Ghana, 2006.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0095405

L’Association Mercy Ships a été fondée en 1978 par un couple d'américains évangélistes. L’Anastasis, le plus grand bateau-hôpital non-gouvernemental du monde, sillonne l’océan Atlantique pour prodiguer des soins médicaux en Afrique subsaharienne. Alex est une célébrité à bord. En 1997, il s’est présenté sur le bateau, au Bénin. « Il avait la chair rongée, autour de la bouche et des joues, c’était un cancer de la peau. Nous avons pensé que cela avait gagné le reste de l’organisme, que la mort était proche. Nous lui avons donné des anti-douleurs et nous l’avons renvoyé chez lui », raconte Gary Parker. L’année suivante, alors que l’Anastasis mouille au Togo, Alex revient. « L’infection s’était étendue mais il n’était pas mort. Il avait une capacité très rare à résister au cancer », souligne le chirurgien. L’équipe de Mercy Ships tente alors de le traiter. Les parties du visage infectées sont ôtées, y compris les os. Une mâchoire en titane est construite, recouverte avec de la peau prise sur le crâne. 6 opérations suivent. « Il reste à ôter les parties du nez atteintes. Alors, nous nous serons débarrassés du cancer. », explique le Docteur Gary. Alex cache son visage avec un foulard et son crâne avec un chapeau et entre les opérations, il rentre au Bénin, donner des cours de physique. Pourtant, on le comprend difficilement, il écrit sur un bloc pour s’exprimer, pour remercier les chirurgiens. Il a aujourd’hui 30 ans. Tema, Ghana. 2006.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172390

Dimanche matin, c’est l’heure de l’office, dans la salle commune. Les patients, leurs familles, les infirmières et les médecins qui le souhaitent y assistent. Ceux qui le peuvent se lèvent, les autres restent couchés. Ghana, 2006.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0095412

L’Association Mercy Ships a été fondée en 1978 par un couple d'américains évangélistes. L’Anastasis, le plus grand bateau-hôpital non-gouvernemental du monde, sillonne l’océan Atlantique pour prodiguer des soins médicaux en Afrique subsaharienne. Selon les infirmières, il s’agit d’une « messe africaine traditionnelle » : des prières, des témoignages des patients qui remercient les chirurgiens, des chants qui durent aussi longtemps que les participants le veulent. Accompagnés par les tam-tam, ils chantent, ceux qui le peuvent dansent et entrent dans de quasi-transes. Tema, Ghana. 2006

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172400

Lors de la messe tout le monde danse ensemble : médecins, infirmières, patients.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172374

Dans un village des environs, une soirée de sensibilisation au SIDA, la troisième d’une série de 6. « Y’en a-t-il qui pensent que le SIDA est un mauvais sort ? », demande Nicole, l’animatrice. 3 mains se lèvent. « Pensez-vous que le paludisme soit un mauvais sort? » L’assemblée proteste : « C’est différent, on sait que c’est parce qu’ici, il y a beaucoup de moustiques. » En revanche, lorsque Nicole demande si certains connaissent des malades, aucun ne lève la main. Elle répond que selon les statistiques, ils en côtoient certainement, mais quils ne sont peut-être pas au courant… La maladie ici est toujours incomprise. Et certaines habitudes contribuent à la répandre « La coutume veut que si un homme meurt, son frère récupère sa femme. Si l’homme est mort du SIDA et l’a passé à sa femme, elle le transmet à son tour », nous explique Nicole. Ghana, 2006

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172375

Dans un village des environs, une soirée de sensibilisation au SIDA, la troisième d’une série de 6. « Y’en a-t-il qui pensent que le SIDA est un mauvais sort ? », demande Nicole, l’animatrice. 3 mains se lèvent. « Pensez-vous que le paludisme soit un mauvais sort? » L’assemblée proteste : « C’est différent, on sait que c’est parce qu’ici, il y a beaucoup de moustiques. » En revanche, lorsque Nicole demande si certains connaissent des malades, aucun ne lève la main. Elle répond que selon les statistiques, ils en côtoient certainement, mais quils ne sont peut-être pas au courant… La maladie ici est toujours incomprise. Et certaines habitudes contribuent à la répandre « La coutume veut que si un homme meurt, son frère récupère sa femme. Si l’homme est mort du SIDA et l’a passé à sa femme, elle le transmet à son tour », nous explique Nicole.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172355

L’Anastasis abrite trois « chaplains », des aumôniers. Tous trois sont de « dénominations » différentes : Henry Gwani, le « head chaplain » (l’aumônier chef) est évangélique, il est nigérian et a suivi une formation à distance avec l’église de Pasadena. Judith Straub est suisse-allemande et luthérienne, PJ est australien, sa dénomination est l’Armée du Salut. La plupart des membres ignorent la dénomination des autres. Henry Gwani, à qui nous en parlons, trouve la question incongrue. Les 3 « chaplains » arbitrent les conflits dans les cabines ou au travail, répondent aux angoisses des membres dépassés par l’ampleur de leur tâche. Ils animent aussi les offices, dans la « salle internationale ». Il n’y a pas d’église à bord, on incite les bénévoles à se rendre dans celles qui correspondent à leur sensibilité, à terre.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172352

On a beau être animé par l’amour de son prochain et la foi en Dieu, il arrive que le navire soit l’occasion de rencontres. Les « romances », comme on les appelle à bord, ne sont pas rares. Et beaucoup mènent au mariage.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172365

Julien Trouilloud est ingénieur, il vient de Villeurbanne. Il gère le parc informatique et les liaisons satellite et Internet de l’Anastasis. Sa femme, Kae, est originaire de Malaisie et s’occupe de la pharmacie. Etienne, leur fils, a un an et 9 mois. Ils ont donc une cabine « famille » : deux minuscules pièces, dont l’une sert de « salon », avec un futon (leur chambre). Ils ont même une salle de bain microscopique et des toilettes, un luxe à bord. Les célibataires se trouvent souvent dans des cabines de 9 m², contenant jusqu’à 6 couchettes… Kae adore la vie avec Mercy Ships, la communauté commence à peser à Julien. Car l’équipage partage tout, travail, repas, soirées. « Il faut décider de ne pas se battre. Si votre patron, avec qui vous vous entendez mal en ce moment, pique la tartine que vous aviez mise dans le grille-pain, pendant que vous allez chercher de la confiture, il faut rester zen. Parce que si l’on commence à s’énerver pour des trucs comme ça, on bousille sa journée », illustre-t-il. Ghana, 2006.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172337

Les enfants du personnel « de long terme » suivent une scolarité qui puise dans les systèmes anglais et américain. Elle s’enrichit de visites d’hôpitaux locaux, d’orphelinats et du contact avec les malades. Et bien sûr, l’accent est très fortement mis sur l’éducation religieuse. Ghana, 2006.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172339

Dans la salle à manger des familles, chacune a sa table, réservée.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172350

Tous les métiers existent à bord. Rien à voir avec la chirurgie, mais ils sont indispensables à la vie sur le bateau.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172372

Il est tard – après 20 heures : c’est l’un des rares moments où l’on ne se bouscule pas dans les couloirs.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172376

Nous sommes le dimanche 26 novembre et comme dans toute famille américaine qui se respecte, on fête Thanksgiving. Sous l’horloge, où l’on a inscrit des extraits de psaumes, il reste tout de même la nourriture de base de l’équipage. Du beurre de cacahuètes pour les Américains, du Nutella pour les Suisses, de la Marmite (une pâte marronnasse à base d’extraits de levure et de végétaux) pour les Anglais. Ghana, 2006.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172371

Cela fait des jours qu’on en parle : la dinde est arrivée d’Europe, pour le dîner de Thanksgiving. On a sorti les nappes, fait cuire les patates douces, mitonné la « cranberry sauce » (sauce aux airelles), confectionné la farce et une tarte aux potirons… Mais le container de dindes s’est perdu dans le port. Il a fallu faire comme si, avec du poulet. Les douaniers de Tema, eux, ont dû se faire des sandwiches à la dinde, à la santé de Mercy Ships.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172377

Démonstration, au même office, des Africaines de l’équipage, qui remercient Dieu pour les produits locaux : ananas, mangues, papayes, bananes… Ou comment transformer une fête WASP (White Anglo-Saxon Protestant) en danse africaine avec tam-tam. Ghana, 2006.

 

Gaëlle Magder / Picturetank MAG0172405



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